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"On ne naît pas femme on le devient."
Cent fois j ai lu cette phrase de Simone de Beauvoir et aujourd’hui seulement elle m’apparaît pleine de sens.

A trente ans, je me sens femme.
Avant je ne savais pas trop comment me définir. Je ne disais pas fille, trop puérile, mais je ne disais pas femme non plus. Avant je rentrais dans la catégories des “nanas” comme il y a la catégorie des “mecs”.
Je grandis à chaque rupture .

Cette dernière rupture est une des plus douloureuses parce qu’il n’y a pas de raison à ce qu’on se sépare.
Je ne lui ai pas fait de mal, il ne m’en a pas fait. Nous étions heureux, communiquions simplement, partagions légèreté et difficultés. C’était simple et depuis bien longtemps de mon côté c’était sain.

C’est une relation qui me rendait meilleure. Et je pensais sur comme fer qu’elle avait de l’avenir.

J’ai mal que ce ne soit pas le cas parce que cette relation me convenait parfaitement.
De la liberté de mouvement, de la complicité… De l’amour aussi je le pensais.

Je n’arrive pas a voir ou ça a merde pour que ça finisse comme ça en queue de poisson ,en eau de boudin

J’ai compris pourquoi les gens mentent, c’est tellement évident.

Ils ne sont pas confortables avec la vérité et de leur point de vie ils doivent s’imaginer que les autres ne le sont pas.
C’est faux. Je suis à l’aise avec la vérité. Je préfère une vérité cruelle à un mensonge que vous croyez édulcoré.
Vos mensonges sont d’autant plus cruels qu’ils sont lesté du poids de votre malhonnêteté.
Je me demande bien pourquoi j’aurais à porter ce poids-là.
Soyez malhonnête envers vous même et à la rigueur avec vos semblables, mais pas avec moi .

Tous tiennent ce discours-là me concernant : que je suis quelqu’un d’intègre à qui on peut tout dire, qu’il est aisé de communiquer avec moi.

Alors diantre, sacrebleu ! Ne reproduisez pas vos schémas avec moi !
Non je ne cherche pas à me plaindre, ni à me faire plaindre.
Je suis heureuse de moi à moi. Ce sont les autre qui m’amènent leur merde à chaque fois.
Et après ça me fait cogiter et ça me fait mal.
Hier pour la première fois de ma vie, j’ai posé une bombe. J’ai été au bout du truc et j’ai assumé lâcher une bombe pour faire mal à l’autre.
Ça a marché. Évidemment je me suis pris quelques éclaboussures, mais très peu vu que je m’attendais à pire.

Voilà. J’ai vécu le pire avec cet homme, le meilleur aussi. J’ai aimé revivre une relation amoureuse normale pendant trois mois. J’ai aimé savoir que j’en étais capable.
Ça m’a restructuré et redonné confiance en mes choix.

Histoire ancienne, beaucoup de souvenirs mauvais. Un ou deux très bons.
Je ne me lasse pas de cette phrase de Marcel Pagnol : “telle est la vie des hommes, quelques joies très vite effacées par d’inoubliables chagrins”

Pour une fois ce n’est pas fini.
Pour une fois, tout ne fait que commencer.

Ça doit être ça aussi l’acceptation.
Arriver à côtoyer ses échecs sans trop se sentir merdique.

Sans se sentir comme le ventre de la terre prêt à exploser. Garder sa dignité mais en faisant un ou deux petits coups en douce tout de même. “Faut pas déconner, des qu’on est né, on est des foules sentimentales !”

Rien ne va plus. Misez tout sur le zéro.
J’ai retrouve un sentiment de sérénité.
Ça c est parce que le spectacle approche et faut dire que depuis septembre, je me demande bien comment j’ai fait pour tenir le choc et continuer. Mais j’ai réussi. Bravo à moi, ola,ole I’m the one !

Je ne sais pas si on n’a que ce qu’on mérite. Si vraiment la pluie et la tempête sont liés. Moi j’aime les arcs en ciel, le moment d’accalmie qui reste magique. Il impose le respect, la douceur, et la joie cet arc tendu.

Doris Humphrey décrit la danse comme “un arc tendu entre deux morts”, le lien entre l’immobilité horizontale et l’immobilité vertical, le déséquilibre et l’équilibre à la fois du mouvement.
C’est ça alors. Ma danse est un arc en ciel. J’ai la danse joyeuse. On vit de belles choses parce qu’on est de belles personnes.
Je ne vais pas exposer mes tortures dans ma danse. Je les expie dans l’écriture et c’est déjà bien assez.
Tout le temps que je passe à danser, je veux le passer avec plaisir.
Souffrir pour son art, certainement pas, répond l’oie.

Je te veux. Là, ici, maintenant et tout de suite.
J’ai trop attendu. On a trop attendu. Alors vite ! Déshabille-moi, caresse-moi, prends-moi.
Promis je ne m’attacherai pas. Promis il n’y aura que du sexe.

J’ai envie de te faire l’amour, de découvrir ton corps, de me découvrir avec toi.

Qu’est-ce que tu attends ? La permission de ta femme ? Elle n’en saura rien, elles n’en savent jamais rien. Elle est du genre de femme à préférer un homme infidèle que pas d’homme du tout.
Ça tombe bien.

Au fond il s’équilibre ce petit monde de la femme, le mari et la maîtresse.

J’adore ça, être la maîtresse, la femme-femme, ceĺle qui te fait balancer dans l’interdit. J’adore que ce nom soit connoté SM.
La maîtresse, c’est celle qui décide, celle qu’on écoute, celle qui mène le jeu après tout.

Si elle s’en va, il reste toi et ta femme ! Et ça, ça te fait froid dans le dos.

Alors vite, mon amour, mon cher ami, je ne sais pas encore comment je vais t’appeler, mais vite que tu me fasses crier.
Ton nom aura celui du plaisir.

Y a des gens on voudrait qu’ils crèvent pour que ce ne soit plus possible qu’ils reviennent.
C’est salaud mais c est vrai.
La rupture est alors inévitable. Est ce qu’elle fait moins mal ?
Oui, au moins on évite la colère, les insultes, on sait qu’on y est pour rien.

On va me trouver sans cœur. Rien à foutre.
J’en ai du cœur et de l’amour et de la compassion et de la générosité.
Ça n’a rien à voir.
C est de la méchanceté. Ah ça, peut être. Et alors ? Si la gentillesse menait quelque part, ça se saurait depuis longtemps.
M’enfin !
Ça va bien l’injustice, le pas d’bol, le “c’est pas toi c’est moi” !
Bah si forcément, on se met à penser que c’est soi le problème. C’est inéluctable comme raisonnement.
Et puis comme on refuse de tomber dans la victimisation, on fait comme si ça ne nous atteignait pas et on continue notre chemin et à nouveau on se prend un gadin.
Et on sourit, hein ?
Parce qu’on est heureux tout de même dans notre société occidentale embourgeoisée. On va quand même pas se plaindre de pas trouver le bonheur quand d’autres cherchent à manger !

Elle est là l’arnaque, la faille !
Si on est un tant soi peu conscient de sa chance, il paraît que ça fait relativiser. Ouais ouais, c est pas faux tout ça. Mais merde, j y peux quoi moi à ma petite échelle ? Culpabiliser le petit peuple, être hypocrite à souhait. Et avec ça Madame, je vous sers quoi, demande la boulangère. Bah la plus rien, ça m a couper l envie de manger.

Et on surmonte, et on paraît fort. Ohlala disent les autres, je ne sais pas comment elle fait.

Bah elle se démerde figurez-vous. Elle ne compte sur personne d autre. Elle a appris à vivre seule parce qu’elle n en avait pas le choix. Ah oui admirez la. Elle est juste normale. Vous, par contre, vous êtes drôlement et bizarrement assistés.

Mais si vous lui donniez le choix, croyez moi, elle préférerait partager tour ça, être assistée de quelqu’un elle aussi, pouvoir se reposer sur une épaule, et ne pas avoir à décider seule.
Elle ne l’a pas le choix. Alors pas la peine de la prendre pour surhumaine, c est contrainte qu’elle a développé sa force.

Ça doit s appeler la survie. Ça doit être plus que la vie d abord la survie, sinon ça se serait appelé la sousvie ! Encore un truc pour te faire croire au schmillblick tiens.

C est salvateur la création !
Neuf mois viennent de se passer presque sans que je ne m’en aperçoive.

Créer, c’est encore mieux que faire. C’est défaire.
Tout mettre en vrac, tout jeté en corps, tout balancer. Et l’ordre revient toujours de lui-même.
L’ordre me rattrape toujours. Les schémas corporels se clarifient, et mon esprit aussi.

Et puis créer pour soi. Cette année , j’en ai été incapable. Alors d’autres l’ont fait. Deux petites gamines de 17 ans ont mis bout à bout leur génie et m’ont embarqué avec elles.
Coûte que coûte, vaille que vaille, que le capitaine ait le mal de mer, elles n’en avaient que faire.
Elles ont mené mon radeau à bord de leur paquebot et je leur suis reconnaissante.
Il est beau l’horizon vu de leur pont.
Et pouvoir apprécier la sérénité et l’optimisme de leur océan quand le mien n’est que tempête m’a fait tenir bon la rambarde.

Si jusque-là je faisais bonne figure, à présent je me sens capable de reprendre la barre.
Elles m’ont évité les écueils et les tsunamis, m’ont fait parcourir plus de la moitié de la route, et je sens que nous arriverons à bon port.

Alors voilà. J écris. Pour dire ma colère. C est drôle d avoir mis aussi longtemps à mettre le doigt dessus.
Je pensais que j’étais en colère contre mon père, en colère contre l’abandon ultime. Je me disais que ça devait être une étape du deuil. Mais en fait je n’ai jamais été en colère contre lui. Ce n’est pas de sa faute s’il est mort.

Nan je suis en colère contre les hommes. Désolée, je met tout le monde dans le même panier.
Ce qui me met en colère, c est de voir leur jeu bien huilé quand ils veulent une partie de jambes en l’air. Et puis leur attitude détaché avec cet air de “jenetairienpromischerie” ! Non je sais que tu ne m’as rien promis mais un peu de courtoisie serait trop demander, obvisouly.

Je suis en colère contre l’homme qui ma abandonné lorsque j’avais le plus besoin de soutien. En colère contre lui parce que du coup, c’est comme si tous les autres après lui allaient m’abandonner.

Et du coup, je m’emballe trop vite
Je brûle les étapes parce que j ai l impression qu’il faut brûler la chandelle par les deux bouts. Au final, chaque histoire se consume beaucoup trop vite et je suis obligée de la lâcher quand elle me brûle les mains.
Faut toujours qu’il y ait du drama.
OAlors que j’aime les choses simples.
J’aime prendre soin de moi, soin de l’autre.
J’aime qu’il me raconte sa journée et comment il s’est senti.
J’aime partager.

Et d’un coup, je me met à juger ! De quel droit ? Aucune idée.
Quand la vie me fait trop peur, que les sentiments commencent a s’installer.
Quand tout va trop bien en fait.

Je me crée des problèmes.
Sérieusement, je fais ça moi ? Et bien oui. Bravo. Je n’ applaudis pas parce que je suis en train d’écrire.
Je suis complètement tordue. J arrive assez bien à reconnaître les gens qui font ça. Maintenant je me dis que c est parce que je dois me retrouver en eux!
Bon ok, a partir de maintenant c est fini.

A chaque jour suffit sa peine. Je suis dans une nouvelle maison. Mes problèmes sont d ordre émotionnel et financier et j arrive a me trouver malheureuse !
Je suis décidément plus faible que je ne le pense. Va falloir vous reprendre ma petite dame.
J arrive bien a reprendre le dessus sur mon corps alors fuck sur mon esprit ça devrait être possible aussi non ?
Je vais aller lire , apprendre des autres.
Sans juger.
Regarder, observer. Arrêter de crier sur tous les toits que je suis heureuse quand quelque chose dans mon ventre me brise. Accepter la douleur, le manque, l’absence.
Je ne suis pas wonder woman. Mais je peux juste être me dire que j ai quand même la belle vie. Des solutions sont la pour tous mes problèmes.

Sous mon côté altruiste, suis je une égoïste en pleine puissance ?
Je vais y réfléchir. Je vais bousculer mes codes, mes pensées que je croyais les plus inébranlables.
C est l heure de la remise en question.
Je vais avoir trente ans. Il est hors de question que tout cela continue. A moi de briser le cercle vicieux. A moi de décider quel sera mon chemin.
Mon passé est mort. Il est temps de l’enterrer.

asks:
merci de partager tes mots et chemins

Merci a toi de me lire ..

C’est étrange.  Je ne sais pas ce qu’il m’arrive…

Voilà probablement la dernière fois que j’emprunte ce chemin. 

La toute dernière fois que le bus 96 me conduit de la Gare Montparnasse à Ménilmontant,  mes hommages mesdames et messieurs  les conducteurs. 

J’aime cette ligne. Elle est longue certes. Alors je me suis habituée à passer le temps en rêvassant ou en téléphonant. 

J’en ai raconté des histoires à ces sièges. 

L’arrêt de la ligne que je préfère parmi tous les autres est celui entre Hôtel de Ville et Saint-Paul, celui devant les escaliers et la petite église. 

Celui devant la place du marché oú on pouvait admirer il y a quelques hivers les sapins de Noël en bouteille recyclable. 

De cet endroit on a vu sur la place  du Bourg Tibourg de l’autre côté de la rue de Rivoli. 

Et sur cette place il y a le souvenir de quelques soirées  et j’y vois également les personnages d’une de mes nouvelles qui y prennent un café. 

J’ai mes habitudes. Elles me mènent en des lieux qui me renvoient à des amis d’hier ou d’aujourd’hui.

Paris est une histoire d’amour. 

Je te regarde et j’ai envie d’en savoir plus. Et ce soir je m’apprête à te quitter. Je te délaisse pour quelqu’un d’autre. C’est triste parce que je t’aime et c’est symbolique parce que je sauve ma peau. 

J’ai peur et j’ai hâte. Je ne pars pas bien loin. Je vais découvrir un nouveau quartier. C’est un nouveau départ. C’est effrayant parce que le temps qui passe ne s’arrête jamais, parce que j’ai pleuré et aimé dans mon quartier. 

C”est un nouveau départ et on espère toujours laisser les coquilles derrière soi. Je vais y laisser la petite fille en deuil et la femme qui a souffert. 

Je suis en paix. 

Alors je colle mon nez à la vitre et je contemple.

Il y a d’abord la partie de la ligne dont je me moque : celle qui relie montparnasse à Saint-Michel. 

Et puis on traverse la Seine. Welcome et bienvenue rive droite et conciergerie, enchantée Notre-Dame, salut Cité et Théâtre du Chatelêt. Voilà les quartiers qui m’enchantent. L’hôtel de ville est tout enguirlandé et il y a la Seine qui s’enfuit  à contre-courant. 

Église Saint Gervais dit la voix du bus, le voilà mon arrêt favori. Hélas, personne ne s’y arrête. C’est un adieu comme je les aime. En passant, en coup de vent. 

Mais déjà Saint-Paul, son manège et son kiosque et nous nous apprêtons à traverser le Marais. C’est ici que j’aimerai vivre au 35 rue de Turenne par exemple en face de l’arrêt place des Vosges. C’est un quartier ici qui est le mien parce que je l’ai longtemps traversé a pied de jour comme de nuit. 

Me voilà en bonne voie pour regagner Ménilmontant. Avec son kfc son mcdo, ses poulets rôtis et couscous a toute heure. 

Je ne me souviens pas de mes premiers pas ici. Je devais avoir la démarche hagarde et le cœur lourd. Je ne sais plus quelles étaient mes habitudes à l’époque ni comment j’ai rencontré mon quartier.

Je peux juste dire que j’y ai rencontre des chouettes commerçants que ce soit les nanas des restos chinois ou japonais ou bien les buralistes que j’imagine vieux garçons ou encore le sexy pharmacien qui m’appelle la danseuse.

Il y avait bien évidemment le kabyle du bar en bas. Il est parti, il a vendu il y a un mois. Parti sans me dire au revoir… Et puis il y a ce monsieur probablement algérien chez qui j’imprime et photocopie mes documents. Ce monsieur qui s’est empressé de regarder en détail le papier sorti de son imprimante, papier qui attestait logo en tête mon nouvel appartement. 

Ils étaient bienveillants. Qui va veiller sur moi à présent ?

Les dimanches se suivent et ne se ressemblent pas.
J’aime ma non-routine pourtant devenue habituelle.

J’ai perdu une part de moi il n’y a pas longtemps et en ce moment je suis sur la brèche et je ne sais pas de quel côté me laisser tomber. Alors tant pis, je continue à avancer entre deux et on verra bien. Il y a des jours où je pleure et des jours où je suis heureuse. C’est comme ça.
En vérité, je ne trompe personne, ça l’a toujours été. Les choses que je porte sont de plus en plus lourdes, et j’ai de plus en plus de mal à lâcher du lest. Alors je transporte mon barda et me libère des choses que je juge comme n’étant plus essentielles.
Comme quand on fait du ménage chez soi, on trie une armoire, donne des fringues, se débarrasse de vieux meubles, on jette même des choses dont on ne s’est jamais servi.

Et surtout on n’a pas de regret.